Kickstarter - Et si vous financiez un jeu vidéo

Vous vous rappelez du chanteur Grégoire et son tube TOI+MOI ? l’artiste avait émergé grâce au financement participatif. Pour certains jeux vidéo l’histoire est la même. La plupart financée via la plateforme américaine Kickstarter. On vous raconte l’histoire...

Les plateformes de financement participatif permettent à tout un chacun qui a une idée mais pas d’argent de demander aux internautes de donner une petite pièce pour permettre à leur projets de voir le jour. Tout le monde peut donner. En échange, le créateur du projet vous fera de petits cadeaux, des contreparties. Quand il s’agit de jeux vidéoles développeurs peuvent vous permettre d'apparaître dans le jeu finalsous la forme d’un PNJ (Personnage Non Jouable).
Mais il n’y a pas que des jeux vidéo à financer.
Petite anecdote au passage :en 2014, un américain répondant au doux nom de Zack “Danger” Brown avait même monté un projet pour faire financer une salade de pommes de terre. Bilan : 55 000 dollars ! Le jeune homme, qui parle de “projet satirique” ne demandait que 10 $ à la base. Avec l’argent qui lui restait, Zack “Danger” a écrit un livre de cuisine dédié aux salades de patates, une des contreparties promises lors de la campagne. Il a aussi fait une “généreuse donation” à une association venant en aide aux sans abris.

©Kickstarter

C’est fort rigolo, mais le jeu vidéo dans tout ça ?

Nombreux sont ceux qui veulent travailler dans le monde du jeu vidéo, mais avoir de l’imagination, un talent créatif ou savoir coder ne suffit pas. “L’argent c’est le nerf de la guerre” cette citation, attribuée à Thucydide, un philosophe Grec, est toute aussi vraie dans le monde du jeu vidéo. Beaucoup de développeurs passent donc par la case Kickstarter pour financer leurs projets, pour le meilleur comme pour le pire. Onretrouve d’anciennes légendes du jeu vidéo, comme Tim Schafer (Grim Fandango, Day of the tentacle, Brütal Legend... ) qui passent par cette plateforme dans le but de financer des jeux que leurs anciens employés refusaient de produire.

Comment marche Kickstarter ?

Les sommes encaissées par certains projets ont de quoi faire enrager les fans qui ont mis la main au portefeuille. Entre projet annulés et déception totale comme la Ouya, une console financée via la plateforme qui s’est avérée un échec total. D’autant plus que pour obtenir un remboursement sur Kickstarter, il faut que la personne en charge du projet accepte de le faire. Il faut aussi prendre en compte le fait que contrairement à un investisseur classique, le créateur du jeu n’est pas obligé de vous tenir au courant de l'avancée du projet.

La Ouya, une console financée via Kickstarter, puis rachetée par Razer ©Razer

Les exemples de jeux produits via Kickstarter se ramassent à la pelle, mais ils ne sont pas toujours du bon côté de la barrière.

On peut avoir des exemples à un moment ?

Certains sont devenus plus que célèbres sur internet, érigés au rang de “mème” à cause de l’échec total qu’ils représentent, la faute à un concept plus prometteur que le résultat, ou des à développeurs peu scrupuleux à l’exemple de Mighty n°9.

Commençons par les échecs, c’est toujours plus drôle.

Mighty n°9, la madeleine moisie

©Deep Silver

Plus attendu que le Messi (pas Lionel, quoique….) cet hommage à Megaman à plus que déçu. Pour les plus jeunes, ces jeux, tout droit venus du Japon, font partie des plus gros succès des années 90. Ces jeux de plateforme vous permettaient decontrôler Megaman, un petit Android qui n’est pas sans rappeler Astroboy.
En 2013, on nous promettait son grand retour, avec Keiji Inafune, le concepteur des jeux originaux. Le projet kickstarter demandait 900 000$. 67 226 fansse sont donc empressés de le financer, pour pouvoir revivre leur enfance. Deux jour après l’ouverture de la campagne, l’objectif était atteint. La campagne se clôturera en ayant levé 400% de la somme initiale. On peut penser que si le jeu est réalisable avec 900 000$, les 3 845 170$ récoltés auraient dû permettre de créer un des meilleurs jeu de l’histoire. Que nenni, le jeu est vide et les graphismes décevants, la presse parle de “désastre”, voir “d’un projet de fin d’étude”. Des clefs du jeu sont actuellement vendues pour moins de 2€.

Yooka-Laylee, de qui se moque-t’on ?

©Playtonic

Pour celui-ci, il va falloir un petit cours d’histoire. RareWare a été l’un des studios les plus acclamé des années 90. On lui doit des succès planétaires comme les Donkey Kong Country sur SNES, ou encore Banjo Kazooie sur Nintendo 64. Banjo-Kazooie est un des meilleurs de la N64, à tel point qu’en 2012, d’anciens employés du studio créent un compte Twitter pour annoncer qu’ils travaillent sur une suite spirituelle du jeu. Après une première annulation, le projet refait surface 3 ans plus tard avec la création du studio “Playtonic” au Royaume-Uni. Deux mois plus tard, Playtonic lance la campagne Kickstarter de Yooka-Laylee en demandant 270 000£ avec un premier palier à 175 000£. Ce premier palier fut atteint en 40 minutes. Yooka Laylee est le jeu qui à atteint son objectif financier le plus rapidement de l’histoire du site. La campagne se soldera avec un peu plus de 2 million de Livres (3 371 747$). Mais pour quel résultat ? Un jeu vide où l’on se contente de suivre des lignes de pièces jusqu’à ce qu’on puisse passer au niveau suivant, c’est à se demander si les développeurs n’ont pas mis l’argent restant dans leur poche.

Les vraies réussites

Divinity : Original Sin, une réussite Belge...une fois.

©Larian Studio

Larian Studio est un studio de développement Belge créé en 1996. En 2002, il publie le jeu “Divine Divinity”, son premier RPG ainsi que ses suites. Fort de ces expériences, le studio se lance dans la réalisation de Divinity : Original Sin, mais son budget est serré, il lance donc une campagne Kickstarter. Le jeu n’a été que partiellement financé via la plateforme. Larian ne demandait “que” 400 000$. Bilan :944 282$ récoltés. Le jeu est clairement inspiré de jeux de rôle PC comme les Baldur’s Gate. Le succès fut au rendez vous, aussi bien du côté presse spécialisée que du côté des joueurs, qui ont encensé le jeu à sa sortie, à tel point qu’une suite a vu le jour en 2017 et que le studio s’est vu confier la lourde tâche de développer Baldur’s Gate 3.Comme tout jeu de rôle PC qui se respecte, Divinity a ce que l’on appelle une “replay value” très élevée, c’est à dire qu’on peut relancer le jeu une infinité de fois sans jamais revivre la même histoire.

LE jeu a certes été un succès, mais quand on parle de réussite sur Kickstarter, ce n’est pas à Divinity que l’on pense, mais à un tout autre RPG :

Undertale, le plus gros succès de la plateforme

©Toby Fox

Peut être l’un des jeux les plus emblématique de la décennie. Undertale est un “RPG dans lequel personne ne meurt”. Toby Fox, le créateur du jeu, a réalisé Undertale quasiment tout seul, jusqu’à la bande son, il sera quand même épaulé par Tuyoki pour la direction artistique. En 2013, Toby Fox annonçait avoir besoin de 5000$, il obtint dix fois plus. À sa sortie deux ans plus tard, le jeu reçût un accueil plus que favorable de la part de la presse spécialisée. Mais c’est à travers sa communauté que le jeu va rentrer dans l’histoire. Les fans du jeu sont prêts à tout pour défendre Undertale et sauteront à la gorge de la première personne qui émettra la moindre critique à l’encontre du jeu.
Undertale vous fera traverser le monde des monstres dans le but de rentrer chez vous, dans le monde des humains. Durant votre périple vous allez croiser pléthore de monstres et de personnages haut en couleurs, à vous de décider s’ils vont vivre ou pas.
En fonction de vos choix, trois fins s’offrent à vous. La “bonne fin”, celle où vous avez sauvé tout le monde. La fin neutre, ou vous avez tué au moins une personne, mais pas tout le monde. Puis la fin “Génocide”, celle ou tel Gengis Khan, vous n’avez laissé que terreur et désolation. Sauf que vous n‘êtes pas au courant de cela lors de votre première partie, qui se soldera sûrement par la fin neutre, ce qui est assez décevant en soit. Contrairement à Divinity la replay value du jeu est assez faible, on le relance tout au plus trois fois, pour voir toutes les fins possibles, et après on le laisse occuper de l’espace pour rien sur son disque dur.

Ces jeux ne sont que quelques exemples de ceux produits via Kickstarter, mais il en reste de nombreux à découvrir. Les éditeurs l’ont bien compris, puisque de nombreux jeux finançables via kickstarter ont été présentés lors de la dernière édition de l’E3.
Bref, si vous avez une âme de financier, n’hésitez pas à aller faire un tour sur kickstarter, vous trouverez sans doute un jeu ou une salade de patates à soutenir financièrement.