Du jeu vidéo plutôt que des CV ?

Si une partie de jeu vidéo remplaçait votre curriculum vitae ? C’est ce que propose Goshaba. Cette start-up française souhaite mettre en avant les soft-skills, ces compétences nécessaires dans le monde du travail, mais qui ne s‘apprennent pas à l’école.

On arrête pas le progrès.
Après la ludification du travail des employé d’entrepôts Amazon, Goshaba, une start up française créée en 2014 va ludifier… la sélection pré-entretien à l’embauche. Camille Morvan, neuro scientifique et créatrice de la start up, a pensé le projet comme un outil égalitaire. Son but est de ne plus être pénalisé par un CV raté. La start up séduit tellement qu’elle vient de lever 2 millions d’euros. Goshaba s’est également associé avec MacDonald, une entreprise où les soft-skills, si chères au cœur de ses créateurs, sont plus importantes que les diplômes. Accenture et la BNP ont aussi été séduites par le projet. L’application se base sur des travaux effectués par des chercheurs d’universités. On y retrouve les travaux de docteurs de l’université de Brown, mais aussi de Mayilin Moreno Torres, docteure en psychologie.

©Goshaba

Cela devient une mauvaise habitude, on trouve du jeu vidéo partout, même lorsqu’il n’est pas nécessaire. Goshaba va donc vous proposer d’être sélectionné pour vos entretiens d’embauche sans CV, juste en jouant à des jeux vidéo. Ces jeux assez simples sont pensés pour mettre en avant vos compétences réelles plutôt que les formations que vous avez suivies lors de votre parcours universitaire. L’objectif est de réduire le nombre d’étapes pré-embauche. Mais aussi de déceler ce que l’on appelle les soft-skills. Ces compétences que l’on n’apprend pas à l’école, comme la gestion du stress, le travail en équipe, le don pour manager...

©DR

Donc au lieu de lire une pile de CV, le recruteur consulte les scores que les postulants obtiennent dans les jeux et les trie. Rajoutant les soft-skills à la sélection classique liée à l’expérience professionnelle. Ici on parle d’un responsable RH et surtout pas d’une machine :

L’utilisation de l’intelligence artificielle dans les ressources humaines est un danger pour celles-ci si la technologie est mal utilisée. Elle multiplie à grande échelle les biais et les préjugés humains.Djamil Kemal, co dans une interview accordée à Maddyness

Pour faire simple, le recruteur va sélectionner les meilleurs aux jeux/tests pour faire une présélection des candidats. Il n’y a pas de mauvaises réponses à ces jeux. Le but est de voir comment vous interagissez avec et si cela colle avec ce que recherche l’entreprise qui recrute.

Les intentions de Goshaba sont louables. Nous les avons contacté pour obtenir les fameuses études sur lesquelles s’appuient les CEO pour affirmer la fiabilité de leur application. Nous sommes entrés en contact avec Goshaba, et malgré la fiabilité de leurs sources et des études sur lesquelles sont basées les test-jeux, il fut difficile d’y avoir accès.

Une chose est certaine, la ludification continue de prendre de plus en plus de place dans le monde du travail, sans qu’on se demande vraiment si elle apporte quelque chose, où si c’est un énième outil de communication pour que les entreprises aient l’air “hip, bath et dans le vent”.

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