L’OMS se réconcilie avec les jeux vidéo

Rémi Capdevielle - Le 01 Avril 2020
Image en une : ©Nintendo

Qui l’eût cru ? Après avoir officiellement reconnu l’addiction aux jeux vidéo comme un trouble mental l’an dernier, l’Organisation Mondiale de la Santé s’est associée à l’initiative de 18 acteurs majeurs de l’industrie du Gaming. Le 28 mars dernier, ils lançaient une campagne mondiale pour promouvoir les mesures de l’OMS sur la distanciation sociale et ainsi lutter contre la propagation du Coronavirus : « Play Apart Together »

Même sans un anglais parfait, le message est limpide.
Samedi dernier, c’est avec ces trois mots simples que les grands noms du jeu vidéo, comme Activision ou Blizzard, ont annoncé les contours d’une campagne de sensibilisation à échelle planétaire contre la propagation du Covid-19. Le but ? Pousser leur large auditoire à respecter au maximum les consignes de l’OMS sur les mesures de distanciation sociale, d’hygiène des mains et autres gestes préventifs.

Message reçu et soutenu ce week-end par l’OMS, qui s’est du même coup réconcilié avec un secteur qui avait mal accueilli l’annonce, en mai 2019, de l’entrée dans le cadre officiel des maladies mentales l’addiction aux jeux vidéo. Ces mêmes jeux vidéo qui sont devenus, en temps de confinement, un excellent moyen de rester en contact avec sa famille et ses amis sans les mettre en danger.
Ray Chambers, l’un des plus hauts représentants de l’OMS, a ainsi tenu à mettre en avant, via Twitter, l’initiative de ces quelques 18 entreprises du monde du jeu vidéo :

Nous sommes à un moment crucial pour évaluer les retombées de cette pandémie. Les entreprises de l'industrie des jeux vidéo ont une audience mondiale - nous encourageons tout le monde à #PlayApartTogether. Plus de distanciation physique + d'autres mesures aideront à aplanir la courbe + à sauver des vies.Ray Chambers
©Twitter - Ray Chambers

Un « tweet » salué ensuite par le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

De leur côté, les firmes du jeu vidéo voient là un moyen, via leurs produits, de sensibiliser leurs millions de consommateurs à une juste cause.
Concrètement, l’opération prendra plusieurs formes. A grands coups de « bonus », d’évènements spéciaux et de contenus gratuits, les joueurs seront encouragés à rester à la maison, et à fortiori, devant l’écran. Et pas qu’un peu. Par exemple, le développer Zynga a annoncé, entre autres, avoir débloqué du contenu gratuit dans son jeu « Dawn of Titans » et vouloir ajouter une BMW Z4 gratuite dans « CSR Racing 2 » si la communauté effectue 250 Millions de courses durant les 2 prochaines semaines. Les vidéos postées en compagnie du « hashtag » #PlayApartTogether seront elles aussi grassement récompensées.
Enfin, des plateformes de développement et de design de jeux vidéo ont été mises en accès libre, histoire d’optimiser au maximum ces heures de quarantaine à venir.

©Twitter - CSR Racing

Pour rappel, l’OMS définit le trouble du jeu vidéo comme « un comportement lié à la pratique des jeux vidéo ou des jeux numériques, qui se caractérise par une perte de contrôle sur le jeu, une priorité accrue accordée au jeu, au point que celui-ci prenne le pas sur d’autres centres d’intérêt et activités quotidiennes, et par la poursuite ou la pratique croissante du jeu en dépit de répercussions dommageables » et ce, pour une durée d’au moins 12 mois.

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