Comment les jeux gratuits font la fortune de leurs éditeurs, en vous délestant de millions d’euros ?

Vous en avez au moins téléchargé un sur votre mobile. Un jeu gratuit ou "free-to-play". Mais combien vous a-t-il coûté à l'arrivée ?

Ne cherchant ni la puissance graphique, ni le réalisme poussé des jeux traditionnels, la plupart des free-to-play, coûtent en moyenne 30 fois moins cher à concevoir qu’un jeu sur console ou sur PC !
Mais ne nous leurrons pas, les créateurs de ces jeux ont beau être des passionnés, eux aussi ont besoin de gagner leur pain quotidien. Cette gratuité ne cacherait-elle pas un modèle économique discrètement payant ?

Si la majorité des amateurs de jeux free-to-play s'accommodent d'une progression gratuite et limitée, d'autres n'hésitent pas à investir des sommes colossales dans ces divertissements mobiles. Choyés par les éditeurs, ces joueurs prêts à dépenser des centaines et parfois même des milliers d'euros sont surnommés les "whales" ("baleines").
Surtout des hommes adultes, les femmes sont rarissimes et attention aux clichés, les ados ont plus de mal à dépenser en ligne, n’ayant pas encore de carte de crédit.

Les jeux "free-to-play" sont légions sur les stores. ©App Store Apple

Le piège c’est qu’on vous demande souvent de toutes petites sommes. Ces achats intégrés dans le jeu – appelés microtransactions – fluctuent de 1 € à 500 € par commande, selon les jeux. Le joueur étant incité à multiplier les achats. Ou à faire un gros achat d’un coup, pour lequel il obtient une remise.

Âgé de 30 ans et négociant en champagne, le Finlandais « Ed » racontait ainsi au Monde en mai 2016 avoir "investi" plus de 20 000 euros pour améliorer son armée dans le jeu de stratégie mobile Clash of Clans, et devenir ainsi le très convoité "meilleur joueur mondial". Depuis le jeu n’a plus la cote. Tout ça pour ça !

Ed, la « baleine » il aura déboursé 20 000 euros pour le titre de meilleur joueur de « Clash of Clans » ©SNJV

Parfois, comme dans Fortnite, ces achats ne servent à rien. Souvent, ils vous permettent de finir un niveau impossible sur lequel vous vous arrachez les cheveux depuis plusieurs jours (des niveaux pensés pour titiller vos compulsions d’achat), ou encore de jouer plus longtemps. Certains jeux vous demandant d’attendre plusieurs heures pour recommencer à jouer, quand vous avez épuisé vos "vies".

Ensuite, on vous rend Addict.
Les éditeurs, se cassent la tête, pour mettre au point des stratégies pour accrocher les utilisateurs, à l’image du "bonus de connexion consécutif". Le principe est simple : l’utilisateur reçoit un cadeau virtuel s’il se connecte chaque jour.
Il y a aussi le système des cadeaux aléatoires. Une mini loterie. Il sollicite le circuit de la récompense et du plaisir situé dans le cerveau.

La roue quotidienne qui vous permet de gagner des gains est pensée pour activer votre circuit de la récompense. ©King

Et ça marche.

Ce modèle économique est tellement rentable pour les éditeurs, que la mode du free-to-play explose. Les plus grands noms de l’industrie vidéoludique y allant de leur titre gratuit, de Pokémon à Apex legends, sans oublier Fortnite, ni Candycrush qui a encore engrangé 1 milliard de dollars en 2018 !
Avec 87 milliards de dollars annuel , le marché du jeu vidéo gratuit pèse à lui seul 63% du marché global du jeu vidéo dans le monde.

Alors gratuits les free-to-play ?

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