La Chine censure des jeux vidéo sur la Coronavirus

Rémi Capdevielle - Le 02 Juin 2020
Image en une : ©Steam/Coronavirus Attack

Peut-on censurer un jeu vidéo ? La réponse est « oui ». La preuve : « Coronavirus Attack » n’est plus disponible sur la version Chinoise de la plateforme de jeu payante Steam et ce, depuis le début de la crise sanitaire. Ses éditeurs y seraient allés un peu trop fort avec le gouvernement Chinois...

Un virus couleur or sur un fond rouge électrique, une horde de zombies infectés à exterminer pour éviter une pandémie et des missions intitulées « Libérez Hong-Kong », « Free Tibet » ou « Taiwan n’est pas la Chine » : Bienvenue dans « Coronavirus Attack ». Un jeu vidéo un peu trop militant au goût des autorités chinoises et qui s’est vu censuré sur la plateforme de jeu en ligne Steam après plusieurs plaintes sur le contenu trop « politique » du jeu, selon son développeur MythZsGame.

Trop militant pour Pékin

Et pour cause : vos cibles, les « zombies égoïstes », représentent les habitants de Wuhan qui ont quitté la province du Hubei avant les ordres de confinement (oui oui) et les couleurs à l’écran rappellent clairement celles du drapeau chinois. Un design osé et assumé par les éditeurs du jeu. Un clin d’oeil, peut-être, à une caricature-polémique parue en début d’année dans le journal danois Jyllands-Posten (déjà à l’origine des caricatures de Mahomet en 2005) où les étoiles du drapeau sont remplacées par des petits virus jaunes. Sans pression, les développeurs de « Coronavirus Attack » ont confirmé, tout en restant anonyme, l’avoir conçu dans un esprit de protestation contre le gouvernement chinois et pour se moquer de sa gestion de la crise du Coronavirus.

« Coronavirus Attack » propose des noms de mission en forme d’insultes aux internautes qui soutiennent le gouvernement chinois. ©abacusnews.com - Coronavirus Attack

Censure, pandémie et Winnie l’Ourson

La censure est malheureusement devenue une « mauvaise habitude » pour les gamers chinois. À tel point que contourner les lois de leur pays pour profiter des contenus internationaux ne leur pose même pas de problème. Pour l’anecdote, le mandarin est devenue cette année la langue la plus utilisée sur la version internationale de Steam, pourtant interdite en Chine.

Sorti le 23 avril dernier, « Coronavirus Attack » n’est pas non plus le seul à avoir été censuré en Chine pour ses idées ou son contenu. Le jeu de simulation d’épidémie « Plague Inc. », pourtant ultra-populaire au début de la pandémie, n’est plus disponible sur Steam et l’Apple Store en Chine depuis mars dernier.
Avant eux, « Devotion » avait déjà subit les foudres des autorités chinoises et avait été banni de Steam partout dans le monde. Ce jeu d’horreur Taïwanais contient des messages cachés comparant le chef de l’Etat Xi Jin Ping à Winnie l’Ourson.

Le jeu vidéo serait-il devenu un nouveau terrain d’expression politique ?

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