Le Virtual Boy, le casque VR de Nintendo sorti 20 ans trop tôt ?

Le 20 avril dernier, Nintendo lançait son kit VR sur le marché. Ce casque de réalité virtuelle en carton se révèle n’être rien de plus qu’une porte d’entrée dans le formidable monde de la VR, le problème est que Nintendo s’était déjà essayé à la VR il y a 24 ans.

Le Nintendo Labo VR kit a déçu. Les mini-jeux proposés sont sympathiques, mais personne n’aurait pensé que jouer à Zelda pouvait devenir une purge, pourtant Nintendo l’a fait !
Les problèmes avec cette version VR sont nombreux et déjà suffisamment détaillés sur YouTube et divers médias. Mais le mauvais point qui revient le plus est le manque d’ergonomie de l'installation. Il semblerait également que le casque fourni par Nintendo ne soit pas très pratique, ce qui n’est pas surprenant quand on sait que ce dernier est en carton, mais surtout, ce casque n’a pas d’élastique pour le faire tenir sur votre tête, dommage.

Oui, vous ne rêvez pas, c’est comme ça qu’on joue à Zelda VR sur Switch ©Nintendo

C’est tellement loupé qu’un petit malin en a eu marre et a créé son propre casque de réalité virtuelle à imprimer soi même, il est plus ergonomique que le casque de base. Bémol pour ce projet de fan, il faut quand même acheter le bout de carton de Nintendo avant de fabriquer son casque soi même, car les lentilles fournies dans ce dernier sont obligatoires pour que le casque VR soit opérationnel.
Le pire, c’est que ce casque n’est pas un coup d’essai pour Nintendo

De la VR dans les années 90

Retournons à une époque où la PlayStation grise n’est pas encore sortie. Nintendo est en train de préparer l’arrivée de la Nintendo 64. Pourtant, sans que personne n’ai vraiment demandé quoi que ce soit, le Virtual Boy a envahi les rayons du pays du soleil levant et celui de l’Oncle Sam.

Laissez-nous vous présenter le Virtual Boy, la console oubliée de Nintendo, qui nous vient pourtant tout droit de l’esprit de Gunpei Yokoi, à qui on doit les “Game and Watch” des années 80, la saga Metroid, mais surtout la Game Boy.

Voici le Virtual Boy dans toute sa splendeur ©Nintendo

Ce champignon étrange est la première tentative de casque VR de Nintendo. Premier point négatif, impossible d’attacher ce “truc” sur sa tête, il faut le poser sur la table du salon et se ruiner les cervicales pour pouvoir jouer. Ou alors, vous pouvez vous allonger et vous le poser en équilibre sur le visage, mais on ne garantit pas que l’installation tienne avec cet équilibre plus que précaire.

Des jeux en rouge et noir

La première chose qui saute aux yeux quand on lance le bousin, c’est du rouge. Après nous avoir matraqué le “Formidable mode 7” et les 256 couleurs de la SNES, on se retrouve en face d’une immondice qui n’est capable d’afficher que deux couleurs, du rouge et du noir, peut être un hommage à Jeanne Mas ou à Stendhal !
Pour être tout à fait honnête, le Virtual Boy proposait 5 nuances de rouges, triste, quand on sait que même la littérature de bas étage en compte 50 de nuances.
Les graphismes étaient passables, mais sans plus. On est face à deux écrans en 2D qui simulent une 3D grâce à un léger décalage de quelques millimètres entre les deux écrans. Le seul résultat notable de cette tentative d'innovation, c’est que l’action de Doliprane a fait un bond en bourse à cause de la pléthore de maux de crâne provoqués par le Virtual Boy.

Les capacités graphiques du Virtual Boy sont époustouflantes ©Nintendo

Et les jeux dans tout ça ?

Pour ce qui est des jeux, on va vite faire le tour, le catalogue du Virtual boy comptent le nombre astronomique de 22 jeux tombés dans l’oubli (en combinant les catalogues japonais et américains). En réalité, Nintendo ne développera que cinq jeux pour le Virtual Boy, les 17 autres seront développés par des éditeurs tiers, parmi lesquels on peut quand même trouver Bandai (Tamagotchi, Dragon Ball FighterZ) et Hudson Soft (Mario Party).

Si vous plissez bien les yeux, vous reconnaîtrez peut-être Tetris ©Nintendo

On retrouve deux jeux “tetris” différents, les deux proposent un mode “tetris 3D”, mais le résultat est le même à chaque fois, décevant. On peut également trouver un Mario Tennis sur Virtual Boy. Mais la perle de la console reste SD Gundam : Dimension War, un jeu de Mecha. Les Mechas sont des robots géants pilotés par des humains, comme dans Pacific Rim, qui est en fait un hommage à ce phénomène culte au Japon. Le petit plus de ce SD Gundam : Dimension War, c’est le désastre graphique total que représente ce jeu. Les graphismes sont vraiment moches, à tel point que l’on a tendance à se demander ce qui se passe à l’écran.

Le quadrillage est là pour que l’on arrive à se repérer, enfin je crois ©Nintendo

En clair, le Virtual Boy fut un échec cuisant, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Après seulement 800 000 exemplaires vendus dans le monde, Nintendo a décidé d’arrêter le désastre sans même sortir l’engin en Europe. le Virtual Boy aura vécu neuf mois, le temps d’un bébé, celui-ci est peut-être venu au monde vingt ans trop tôt.

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