De meilleures capacités de raisonnement moral, grâce aux jeux vidéo

Une nouvelle étude publiée dans la revue Frontiers in Psychology, démontre que les jeunes qui jouent à des jeux vidéo, y compris à des titres violents, font preuve d'un sens moral plus développé que leurs pairs non-joueurs. La violence ne serait pas en cause seule.

L’étude a été menée par des chercheurs de l'Université de Bournemouth en Grande-Bretagne. Dans le cadre de leurs travaux, ils ont interrogé 166 adolescents âgés de 11 à 18 ans sur leurs habitudes en matière de jeux vidéo, puis leur ont été posées des questions conçues pour mesurer leur sens moral – le processus de réflexion qui permet de déterminer le bien et le mal.

Mais attention tous les jeux n’auraient pas la même influence sur notre sens moral profond.
Les enfants et les adolescents qui ont dit jouer à un éventail large de jeux vidéo, y compris à des jeux violents, ont presque tous obtenu un score de raisonnement moral très haut.
En revanche, ceux qui ne jouaient qu’à des jeux violents doublés d’un contenu qualifié de "mature" qu’on pourrait traduire par "malsain" (GTA, Grand Theft Auto) voyaient leur sens moral stagner.

Université de Bournemouth

L’étude, qui a duré des mois, suggère que le raisonnement moral développé pourrait être soutenu par une plus grande compétence à se désengager moralement du sujet, par exemple la capacité de considérer le jeu vidéo comme « juste un jeu ».

L’autre explication serait que les jeux vidéo, en réseau ou à plusieurs, encouragent le travail d'équipe, et que le travail au sein de communautés dans le jeu pourrait stimuler un raisonnement moral supérieur en favorisant la prise en compte des implications sociales.

« Nous avons constaté que ceux qui jouent à des jeux violents à plusieurs avaient un raisonnement moral plus élevé que ceux qui y jouaient seuls. » Explique le Dr Sarah Hodge, conférencière en psychologie à l'Université de Bournemouth et l'un des principaux auteurs de l'étude.
« Les impacts positifs auraient pu provenir des types de jeux joués. Mais en fait, ils proviennent aussi de la variété des jeux pratiqués. J'utilise l'exemple d'un gameplay équilibré comme un régime alimentaire équilibré pour m'assurer qu'il y a beaucoup de variété dans le jeu. »
Dans GTA on braque, on tue, on viole, juste pour le fun ! ©GTA

Cette dernière étude des chercheurs de l'Université de Bournemouth souligne l'importance de prendre en considération le contenu moral d'un jeu et de ne pas considérer la violence seule comme facteur à vérifier avant de le proposer aux jeunes.
Le contenu "mature" ou malsain serait ainsi davantage susceptible de produire un effet négatif que la violence seule.
Ainsi, si la violence est expliquée, comme dans un jeu de guerre, elle a un effet positif, très positif même si le jeu est pratiqué en groupe ; en revanche si la violence d’un jeu est doublée d’un contenu "malsain", par exemple dans GTA, où l’on peut tuer et violer gratuitement, elle a des effets négatifs.

Call of Duty World War 2 : un exemple de jeu violent non malsain. On incarne des soldats lors du débarquement avec un souci historique remarquable. ©COD WWII

En mars dernier, une autre étude réalisée par l'Institut Max Planck pour le Développement Humain et la Clinique Universitaire d'Hambourg-Eppendorf avait de son côté démontré que les jeux vidéo ne rendent pas plus violent, y compris les jeux violents !

A nous de choisir les bons jeux pour nos ados sans pour autant en bannir certains sans savoir vraiment pourquoi.

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