Unilever, JP Morgan, Accenture. Ces entreprises qui vous recrutent via le jeu vidéo

Le « gaming » s'invite dans le recrutement pour favoriser la diversité au sein de leurs effectifs.

Pour l’instant seuls les stagiaires et les jeunes diplômés sont concernés.
La très prestigieuse banque américaine JPMorgan Chase, mais aussi, Unilever ou encore Accenture, testent une méthode de recrutement basée sur les jeux vidéo et les neurosciences. Leur but : élargir le bassin de leurs potentiels candidats.
Et ça marche !

Pour identifier les postulants susceptibles de convenir le mieux à un poste, les recruteurs utilisent la plate-forme Pymetrics, une start-up dont les jeux aident les entreprises à évaluer les caractéristiques sociales, cognitives et comportementales des candidats, comme l'attention, la mémoire et l'altruisme. Tout ce qu’on ne voit pas sur un CV.

Tout va très vite : les candidats découvrent des offres d’emploi ou de stages longs sur LinkedIn ou Facebook, Ils postulent ensuite avec leur profil LinkedIn — pas besoin de CV. Les candidats jouent dans la foulée sur la plateforme Plymetrics à 12 jeux basés sur les neurosciences pendant 20 minutes. Si leurs résultats correspondent au profil pour un certain poste, ils passent ensuite un entretien.

La plate-forme compare ainsi les caractéristiques du candidat avec celles des salariés les plus performants de la banque Note Matt Mitro, responsable du recrutement sur les campus pour JPMorgan.
Cela permet de se faire un avis sur les candidats davantage basé sur les données que ne l'autorisent les méthodes traditionnelles de recrutementSouligne t’il.

Selon lui, le CV d'un jeune diplômé n'est plus un indicateur assez pertinent de la valeur d'un candidat.
Pymetrics propose notamment des applications pour détecter les partis pris inconscients ou les offres d'emploi dont la formulation pourrait dissuader certains groupes de postuler.

C’est une neuroscientifique américaine Frida Polliw qui a cofondé la startup Pymetrics en 2014. Ce service new-yorkais utilise des jeux neuroscientifiques accompagnés d’une analyse comportementale par intelligence artificielle pour dénicher les candidats et candidates les plus qualifiés pour un poste.

Dans le « Balloon Game », les candidats doivent collecter le plus d’argent possible en faisant gonfler un ballon. Ils peuvent à tout moment récolter leur somme ou continuer à gonfler le ballon au risque de tout perdre s’il éclate. Ce jeu permet de mesurer la prise de risque d’un candidat. ©Pymetrics

JPMorgan, qui a commencé ses tests il y a quelques mois, va les poursuivre jusqu'en 2020 aux Etats-Unis. La banque ajoute que la technologie ne constitue qu'une simple étape du processus de sélection des stagiaires, et qu’il y aura toujours des entretiens avec des humains.

La gamification du recrutement

Chez Unilever, où l’on utilise cette méthode de gamification du recrutement depuis 3 ans, on a recruté le "groupe le plus diversifié à ce jour”, avec une augmentation significative de recrutement des candidats blacks ou Latinos, et une augmentation des universités représentées, passant de 840 à 2600.

Le délai moyen du recrutement d'un candidat est passé de quatre mois à quatre semaines. Le temps que les recruteurs passent à examiner les candidatures a diminué de 75%.

©Pymetrics

En France la première rencontre autour d'un tournoi de esport entre membres des Ressources Humaines de grandes entreprises et jeunes en fin d'études va voir le jour le samedi 30 mars 2019 au Paris Event Center à Porte de la Villette. Une compétition d'un nouveau genre, appelée le « StepStone Digital Challenge ».
Nous en parlerons prochainement.

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