Appel aux parents. Vous êtes responsables de la consommation d’écran de vos enfants

L'usage des écrans par les enfants et les adolescents doit faire l'objet d'une "vigilance raisonnée". L’avertissement date d’hier. Il est co-signé par Les Académies des sciences, de médecine et des technologies.

En moyenne, un enfant français passe quatre heures par jour devant un écran. Une consommation qu’il va falloir apprendre à gérer en famille.

L'usage des écrans par les enfants et les adolescents doit faire l'objet d'une "vigilance raisonnée". L’avertissement date d’hier. Il est co-signé par Les Académies des sciences, de médecine et des technologies.

Pour ceux qui avaient des doutes vis-à-vis de l'objectivité de ces institutions, souvent qualifiées de "surannées" par leurs détracteurs, sachez, que loin de diaboliser les écrans, elles voient les nouvelles technologies comme un véritable outil de connaissance et d'ouverture sur le monde.

Comportements addictifs, sommeil perturbé, troubles du développement, éventuelle toxicité pour la rétine... Les Académies des sciences, de médecine et des technologies ont passé en revue les principaux sujets d'inquiétude quant à l'exposition des plus jeunes aux écrans.

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Chez les moins de trois ans, les auteurs mettent en garde contre un "usage à visée exclusivement calmante" des tablettes, télévisions et autres smartphones, que font certains parents.
Non, les écrans ne sont ni des nounous, ni des somnifères, comme les utilisent certains parents !

Fasciné par les bruits et les lumières vives, totalement passif, le très jeune enfant peut apparaître comme déjà victime d'un trouble comportemental: surexposition chez l'enfant scotché à l'écran et réactions de colère lors du retraitExpliquent les sages.

L’addiction (encore rare) commencerait-elle si tôt ?

Les enfants apprennent très tôt les bases de la communication non verbale, sans que l’on s’en rende compteInsiste le pédopsychiatre serge Tisseron.
Lorsqu’on est avec un jeune enfant et qu’on envoie des SMS, il le perçoit. Il faut que les jeunes parents soient vraiment avec leurs enfants : quand ils donnent le biberon, ils n’envoient pas de tweets.

Bref pas d’écran du tout avant trois ans !

Afin de bien gérer la consommation d'écrans des enfants selon leur âge et stade de développement, Serge Tisseron propose, depuis 2008, d'instaurer à la maison la règle 3-6-9-12.

La règle 3-6-9-12 :
• 3 = Pas d'écran avant 3 ans
• 6 = Pas de console ou de jeu portable avant 6 ans
• 9 = Pas d'Internet avant 9 ans, et Internet accompagné jusqu'au collège
• 12 = Internet seul à partir de 12 ans, mais avec surveillance des parents.

Le pédopsychiatre rappelle également que le temps d'écran doit être encadré.

Les parents aussi doivent limiter leur consommation d'écrans

Non seulement, nous sommes là pour donner l’exemple, mais notre propre surconsommation d’écran peut modifier nos propres réactions et notre degré d'attention vis-à-vis de nos enfants.

Aujourd'hui on n'a pas de preuve scientifique que le comportement des parents avec les écrans entraîne des problèmes de développement social des enfantsA reconnu Bruno Falissard, membre du groupe de travail à l'origine de cet appel.

Mais il y a des signaux inquiétants, qui invitent à "se pencher sur le problème" sans attendre d'avoir des certitudes.

Et puis sérieusement, comment donner un cadre à ses enfants quand on passe soi-même 1h30 par jour sur son smartphone, 4h devant sa télé et parfois le double devant son ordinateur au bureau !

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Les adolescents à risque à cause du contenu.

La bonne nouvelle, c’est que beaucoup de pré-ados et d’ados vont bien et semblent bien gérer leur temps d’écran.
Pour les adolescents, "le problème est tout autant celui du contenu que celui de la quantité" de temps passé, notent les Académies. A côté de la question des images violentes ou à caractère pornographique, elles jugent qu'il faut mieux informer les jeunes des "stratégies" mises en œuvre par les réseaux sociaux et certains jeux vidéo en ligne pour "retenir l'attention des utilisateurs" le plus longtemps possible.

C’est aux parents de donner les codes à leurs enfants. De leur expliquer, de leur répéter souvent, que certains jeux sont pensés pour qu’on n'arrête pas d’y jouer, les ados n’aiment pas se laisser avoir !
Sans oublier des les briefer sur les vrais dangers de Snapchat ou de TikTok.
Pas facile non plus quand on est soi même scotché à son Facebook !

Des inégalités sociales flagrantes.

Toutefois, les inégalités sociales sont un paramètre important à prendre en compte dans le rapport des enfants et des adolescents aux écrans.

Les enfants issus de milieux défavorisés ont une double peine : ils ne sont pas accompagnés dans leur découverte d’Internet et sont davantage exposés.
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Sur le plan médical, les académiciens rappellent l'impact délétère des écrans sur la qualité du sommeil, essentielle pour les enfants et leurs apprentissages.
La lumière bleue qu’ils émettent, est notamment un signal neurobiologique qui empêche de dormir !
Et penser qu'on peut "rattraper" le week-end le sommeil en retard est une idée reçue. "Au contraire, cela ajoute à la désynchronisation" de notre horloge interne, a conclu Yvan Touitou, spécialiste de chronobiologie.

Et question sommeil, nous sommes tous concernés. Enfants et Parents !

Si vous souhaitez lire l’appel en entier, c’est ici.

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