Metro Exodus un jeu vidéo qui porte un message politique

Blacknut a eu la chance de rencontrer Dmitry Glukhovski, l’auteur des livres dont se sont inspirés les célèbres jeux "Metro" (Metro Exodus, Metro 2033, Metro: Last Light), lors de son passage à la Fnac des Ternes à Paris. L’occasion de discuter avec lui de cette saga de jeux mais aussi du message qu’ils véhiculent.

Non, les jeux vidéo ne sont pas que de stupides défouloirs, loin s’en faut.
L’exemple le plus récent est Metro Exodus. Le jeu est sorti il y a un mois tout juste.
L’objectif du jeu n’est pas tant de tirer sur tout ce qui bouge que d’explorer un monde post apocalyptique et de le comprendre.

Metro exodus n’est pas un first person shooter, c’est un first person heartbreaker

C’est en ces termes que Dmitry Glukhovski, l’auteur des livres "Metro", nous a décrit le jeu Metro Exodus lorsque nous l’avons rencontré à la Fnac des Ternes. Il entend par là que le jeu est fait pour questionner le monde actuel, qu’il voit comme un scénario dystopique devenu réalité.

Journaliste francophone, (il parle six langues) Dmitry Glukhovski a d’abord écrit une série de romans. Le 1er date de 2005. C’est dans la foulée qu’il s’est associé au studio ukrainien 4A Games pour adapter en jeu son univers. Une sorte d’univers étendu, comme c’était le cas pour Star Wars avant l’arrivée de Disney. Ainsi d’autres écrivains sont ensuite venus enrichir la mythologie des "Metro".

Chaque auteur a sa sensibilité. Par exemple, un auteur italien a utilisé l'univers de Metro pour questionner l’homme dans son rapport à dieuNous raconte Dmitry Glukhovski

Né en 1979 à Moscou, l’auteur a connu l’URSS jusqu’à sa chute en 1991 et il le clame ouvertement, le premier opus, à la fois livre et jeu : "Metro 2033" est une critique de la Russie post-communiste des années 90. L’Histoire (avec un grand H) avançant, son dernier livre Metro 2035 paru en France en 2017 est une critique de la Russie actuelle. Le jeu Metro Exodus, en est la suite.

Dmitry Glukhovski signant des livres pour ses fans ©Pierre Barbet

Dmitry Glukhovski y tient, son univers dénonce une situation politique bancale. Celle de son pays. Ce monde de désolation, il le connaît bien. Les livres Metro 2033, 2034 et 2035 prennent un tout autre sens, qui devient évident, quand on se renseigne sur l’auteur. Car comme la littérature ou le cinéma, le jeu vidéo peut être un vecteur différent pour faire passer un message. Rappelez-vous de vos cours de littérature de seconde, chaque texte a ce que l’on appelle un sens implicite.
Celui de Metro Exodus est assez clair : la Russie va mal, et il va être difficile (mais pas impossible) de s’en sortir, de "voir la lumière au bout du tunnel".

La lumière au bout du tunnel. ©4A Games

Des tunnels, ceux du métro, qui ont donné leurs noms à la saga. Les premiers "Metro" se passaient logiquement dans les tunnels du métro de Moscou, comme pour rappeler l’état de la Russie au sortir de 70 ans de communisme. Metro Exodus vous invite à embarquer à bord d’un train et reconstruire une civilisation sur les ruines de la précédente.
Tout y est très symbolique.

Image promotionnelle de Metro Exodus ©4A Games

Un sujet cher aux yeux de Dmitry Glukhovski, mais aussi aux développeurs du studio ukrainien 4A Games.

Même s’ils sont politisés dans leur vie privée, les développeurs ont su mettre leurs opinions de côté durant le développementPrécise l'auteur qui ajoute
Les relations entre la Russie et les pays de l’ex URSS sont plus que tendues, surtout en Ukraine depuis l’annexion de la Crimée qui s’est faite par la force en 2014. Mais les développeurs ont su mettre leur animosité à l’encontre de la Russie de côté pour donner vie au jeu.

Plus qu’un simple jeu, Metro exodus est un moyen de faire passer le message de son auteur.
Les jeux Metro sont loin d’être des exceptions, à vous de trouver les autres messages plus ou moins cachés dans de nombreux jeux.

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