Le jeu vidéo aussi dangereux que l'alcool, selon l'OMS

On s’y attendait. L’OMS vient de déclarer que le jeu vidéo pouvait devenir addictif si l’on ne faisait pas attention à sa consommation. La plupart des syndicats du jeu vidéo montent aux créneaux pour condamner cette décision qu’ils jugent injustifiée.

Au même titre que l’alcoolisme, une consommation excessive de jeu vidéo est désormais considérée comme une maladie à part entière. Cette définition entrera en vigueur au 1er janvier 2022.
Elle se caractérise par un temps de jeu long et le fait de prioriser le jeu vidéo à d’autres activités sociales : ne plus aller travailler, ne plus prendre ses repas en famille, ne plus sortir...

Ce type de comportement est suffisamment grave pour entraîner une altération significative du fonctionnement personnel, familial, social, éducatif, professionnel ou autreDit le texte.

L’OMS déclare également qu’une période de douze mois est nécessaire à la détection de l’addiction, mais que si tous les symptômes sont réunis, le diagnostic peut être prononcé plus tôt. L’OMS souligne que cette addiction ne touche qu’une petite partie de la population, mais qu’au même titre que la consommation d’alcool, il faut surveiller sa relation avec les jeux vidéo.

©Nintendo

Levée de bouclier des syndicats spécialisés

La réponse des professionnels du jeu vidéo ne s’est pas faite attendre. Le Syndicats des Éditeurs de Logiciel Ludique (SELL) et l’Interactive Software Federation of Europe (ISFE) ont vivement critiqués cette décision. Dans un communiqué, l’ISFE a annoncé que :

(...). La notion de « trouble du jeu vidéo » de l’OMS ne repose sur aucune preuve suffisamment solide justifiant son intégration (...). Une fois ajoutées à la liste, ces notions peuvent y rester, à tort, pendant des années. L’ISFE rejoint les associations professionnelles de jeux vidéo du monde entier afin de demander aux États membres, tout d'abord, de revoir la décision de l’OMS(...) de redéfinir cette notion en tant que « pratique de jeu à risque
©SELL

Les éditeurs de jeux vidéo sont conscients que certains joueurs ont une pratique addictive du jeu vidéo, mais ils refusent de voir la pratique excessive de jeu vidéo élevée au rang de maladie. Le SELL, quant à lui, souligne l’importance du secteur vidéoludique dans le développement des nouvelles technologies, comme la VR.

Le syndicat souligne aussi l’importance des jeux vidéo dans le domaine de la santé, avec les serious game pour les personnes atteintes d’Alzheimer ou de la maladie de Parkinson. Nous en parlons souvent ici sur Blacknut Le Mag.

©King

Les jeux vidéo peuvent développer des capacités cognitives, des capacités d’attention, de concentration. Ils améliorent la mémoire, la coordination entre l’œil et la main (notamment les jeux de sport ou les FPS).

Le jeu vidéo se déroule dans un espace précis, limité dans lequel il faut apprendre à se déplacer. Cela développe une meilleure représentation de l’espace. L’acuité et l’attention visuelle sont largement améliorées par la pratique de jeux vidéo.

Les jeux vidéo peuvent constituer un support pour des thérapies et en particulier pour les troubles phobiques à travers la construction et l’utilisation d’avatars.

L’activité de jeu comporte des bienfaits incontestés et la pratique du jeu vidéo, en contribuant à alimenter, voire stimuler les échanges avec les pairs, constitue aussi une vraie forme de sociabilité.

Comme le dit l’adage, “N’écoutes pas ton médecin, fais comme lui, bois du bon vin” (avec modération bien sûr).