Sexisme et jeux vidéo, Une grève inédite chez Riot Games

Le petit monde du jeu vidéo est des plus machiste. Tout le monde le sait. Mais une manif dans un studio pour sexisme c’est une première.

150 employés dans la rue avec des pancartes, on commence à avoir l’habitude en France mais pas encore aux USA, d’où la surprise et le buzz quand le 6 mai, une manif a été organisée pour soutenir les “victimes” d’une drôle d’histoire.

Quand un studio de jeux vidéos s’organise pour éviter la Justice de son pays.

La grogne est montée à cause du recours imposé par Riot games, le studio du jeu League of Legend, à l’arbitrage privé pour régler les litiges liés à des plaintes de ses employés.
Un recours obligatoire inscrit noir sur blanc dans les contrats de travail.

©DR

C’est une enquête du site Kotaku à l’automne dernier qui a mis le feu aux poudres.
Une enquête fouillée qui faisait la lumière sur un climat de sexisme très fermement implanté dans le studio. Des différences de salaire énormes entre hommes et femmes. Des vannes sexistes au quotidien. Du harcèlement sexuel récurrent. On y apprenait, entre autres l’existence d’une “liste que se refilaient les cadres de la direction, où ils détaillaient leurs conquêtes sexuelles”.

Dans la foulée au moins deux femmes salariées de Riot games ont porté plainte devant la justice pour discrimination sexiste.
Mais problème : Une clause dans leurs contrats de travail leur interdit, comme à tous les salariés de Riot, de poursuivre l’entreprise en justice. Une pratique controversée, également pratiquée outre atlantique par Google, Facebook ou encore Uber qui envisagent tout de même de, peut être, y renoncer dans les cas de harcèlement sexuel !

Du harcèlement sexuel au quotidien et une direction omnipotente.

Une des initiatrices de ce mouvement de grève inédit, Indu Reddy, a affirmé auprès de Kotaku que les employés se tiennent prêts à d’autres actions de ce type, même s’ils craignent des représailles de la direction.
Pour l’instant la réponse du studio n’a convaincu personne :

Dès que les litiges en cours seront résolus, nous donnerons à tous les nouveaux Rioters le choix de se retirer de l'arbitrage obligatoire pour les plaintes individuelles liées aux harcèlements et agressions sexuelles. Nous travaillons avec acharnement pour résoudre tous les litiges en cours afin de pouvoir prendre rapidement des mesures en vue d'une solution.
©Riot Games

En gros, les nouveaux auront le choix de signer ou non cette clause, pour les anciens il faudra faire avec. Donc pas de décision de justice possible !

Prochain RDV avec la direction le 16 mai, avec un nouvelle grève en ligne de mire.

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