Le boum du marché des jeux rétro

Alors que les consoles sont toujours plus puissantes et que le cloud gaming est en train de se faire une vraie place dans le marché du jeu vidéo, le jeu rétro ne s’est jamais aussi bien porté. Mais qu’est ce que c’est le “rétrogaming” ?

Le retrogaming est une pratique aussi vieille que le jeu vidéo. Les joueurs ont toujours été réticents à l’idée de jeter leurs anciennes consoles, or, avec le temps, ces dernières ont fini par prendre de la valeur, parfois même dans des proportions démesurées. Actuellement on considère une console comme “rétro” si elle est sortie entre 1970 et 2005, ce qui exclut la génération PS3, Xbox 360 et Wii. Toute les consoles sorties avant font désormais partie de cette catégorie, même la PlayStation 2.

Une Nintendo Entertainment System, ou NES pour faire simple ©Nintendo

La nostalgie est un sentiment puissant. Certains collectionnent les jeux rétro parce qu’ils préfèrent leur esthétique ou leurs gameplays, d’autres parce que ça leur rappelle une époque plus simple. Tout le monde aime se réfugier dans son enfance. Certains joueurs n’ont pas besoin de graphismes réalistes ou de monde ouvert grand comme l’Europe pour s’amuser, ils ont besoins des jeux de leur enfance, à la manière d’une recette de grand-mère qui vous fait passer un bon moment. Il leur suffit de souffler dans une cartouche puis de lancer leur console. Mais ce n’est pas la seule chose qui intéresse les gens quand on parle de rétro gaming.

Vous avez dû vous en rendre compte, les vieux jeux coûtent moins chers que ceux sortis la semaine dernière. Au bout d’un certain temps, certains jeux, comme les vieux FIFA, atteignent même des prix ridicules, il n’est pas rare de croiser un vieil opus de “la simulation de foot” pour moins de 10 € et franchement on s’amuse tout autant avec. Contrairement aux jeux neufs, le prix d’un jeu rétro n’est pas de 70 € quoiqu’il arrive, son prix est calculé par rapport à sa qualité (et la demande des acheteurs).

Les personnages jouables de Chrono Trigger ©Square Enix

Un bon jeu, c’est comme un bon vin, ca vieillit bien.

Mais attention la loi de l’offre et de la demande faisant rage, certains jeux sont devenus de véritables pièces de collection qu’on s’arrache.

Par exemple, la version Super Nes (SNES) de Chrono Trigger, considéré par beaucoup comme le meilleur JRPG de tous les temps, coûte en moyenne 100 €. Un prix dû à plusieurs facteurs, le premier est sa popularité, le deuxième est le fait que le jeu ne soit sorti en Europe qu’en 2009, alors que le Japon et les États Unis pouvaient y jouer depuis 1995.
Certains jeux atteignent des sommes affolantes, prévoyez 3000 € pour la version Megadrive (Sega) de Tétris saga. Nintendo n’avait pas vu d’un très bon œil que Tétris, l’un de ses plus gros succès, sorte chez son concurrent direct, l’éditeur japonais a donc fait détruire toutes les copies du jeu, il n’en reste que 8 dans le monde, à 3000 € l’unité. Comme pour les petites figurines de collection, si un jeu rétro est encore sous blister, il vaut plus cher, la cartouche Nintendo 64 de Zelda Majora’s Mask coûte entre 30 € et 40 €, mais s’il est neuf, le prix grimpe à 700€, mais la saga “The legend of Zelda” a plutôt la côte auprès des joueurs.

La boite de Majora’s Mask, les boites de jeux Nintendo étaient en carton à l’époque ©Nintendo

Un marché que souhaitent récupérer les éditeurs.

Alors que certains magasins se sont spécialisés dans la vente de jeux d’occasion, les éditeurs ne touchent pas le moindre centime sur l’achat ou la vente d’un jeu rétro, il n’est donc pas surprenant qu’ils aimeraient bien voir ce marché parallèle disparaître une bonne fois pour toute. Microsoft fut le premier à vouloir le détruire. En 2013, à l’approche de la sortie de la Xbox One, Microsoft avait annoncé que les jeux ne pourraient plus être revendus ni échangés. Après un revers médiatique, le constructeur de la Xbox avait dû fait marche arrière et les jeux furent finalement échangeables. De son côté, Nintendo tente une approche plus sournoise. Plutôt que d’empêcher les joueurs de revendre leurs jeux, le constructeur Japonais sort des versions “mini” de ses consoles. Des jeux populaires y sont pré-installés. Outre l’appât du gain, ces consoles existent clairement pour faire oublier aux joueurs qu’ils ont encore la possibilité d’acheter les consoles originelles d’occasion et les jeux qui vont avec.

La Megadrive flashback de Sega ©Sega

La technique marche apparemment bien, puisque d’autres éditeurs phares des années 90, comme Sega ont emboîté le pas de Nintendo et proposent une version “mini” de leurs consoles best seller de l’époque. Seule la PlayStation Classic a été un échec, la faute à un catalogue peu excitant et des capacités décevantes.

Des collectionneurs passionnés

Les “rétro-gamers” sont des collectionneurs et des connaisseurs hors pair. Au delà des collections à faire pâlir d’envie la plupart d’entre nous. Antonio Monteiro, un texan, peut se vanter d’avoir la plus grande collection de jeux aux monde avec 20 139 jeux, ce monsieur possède les collections complètes de plusieurs machines, dont la Dreamcast, la dernière console de Sega. D’autres sont capables d’identifier n’importe quel jeu au premier regard, que ce dernier ait 20 ans ou qu’il soit sorti la semaine dernière.

Si vous êtes intéressé par le rétro-gaming, allez faire un tour dans le grenier du doyen de votre famille, il y a sûrement une vieille console qui vous y attend.