Africatik : La plateforme éducative pour l'Afrique et ses diasporas !

LeMag - Le 21 Avril 2021
Image en une : ©Africatik.com

En plein « boom » numérique, le continent africain vit désormais au rythme des téléphones mobiles. Depuis la fin de l’année dernière, la plateforme d’applications éducatives Africatik tente de faire de cet outil de communication une mine d’or pédagogique pour les enfants d’Afrique en quête de connaissances !

Créée en 2020 par Kamahunda et Bénédicte Mulamba, Africatik est avant tout une aventure humaine. Installé depuis plus de 10 ans à Kinshasa en République Démocratique du Congo, ce couple ingénieur-enseignante a d’abord cherché à lier ses deux amours : le digital et l’éducation. De cette idée lumineuse est née, fin 2020, la plateforme Africatik : « le plus grand bouquet d’applis éducatives adaptées au contexte africain » !

Une plateforme multilingue qui s’adapte à chaque culture

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Des mathématiques à la géographie, en passant par les sciences et les lettres et même des bases de mécanique ou les premiers principes de l’électricité, les applications d’Africatik couvrent un large panel de matières scolaires pour des élèves de la maternelle à la 6ème : « On essaye de se concentrer sur les savoirs fondamentaux comme la lecture, le calcul mais également l’éveil et tout ce qui permet aussi d’apprendre à observer, visualiser, manipuler, expérimenter des choses qui pourraient être difficiles. »

Portées par leur société parisienne Kanieba Interactive, les applications Africatik ont aussi été conçues pour coller aux besoins et aux codes culturels de chaque pays africain disponible sur la plateforme :

Elles sont « contextualisées » et c’est important ! Parce que sur le marché africain en général, beaucoup de choses sont totalement importées, et peu mettent en musique des choses du quotidien pour les enfants. Les applications sont multilingues, toujours dans cette finalité de faire du « local ». Elles puisent beaucoup dans les langues locales, que ce soit de l’Afrique de l’ouest, du centre ou du sud. Et comme l’accès doit être le plus simple possible, nous l’avons compilé sur tous les formats : application web, Windows, Androïd, IOS et certaines sous forme de chatbot Facebook. A côté du contenu éducatif, nous avons aussi un positionnement stratégique au niveau du projet et de la société. Nous nous voulons Panafricains. Chaque pays a son programme et on vient en accompagnement.nous explique Kamahunda

Pour l’instant, Africatik est disponible en 10 langues africaines, 12 si l’on compte le français et l’anglais, aussi parlés par les « diasporiens » du monde entier.

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Un pari technologique

Africatik, c’est aussi l’aboutissement d’une longue et difficile entreprise d’implantation dans des pays où les besoins en terme d’éducation, mais aussi les obstacles, sont énormes : « Au gré de ces sollicitations, nous nous sommes rendu compte que les besoins existaient mais qu’il y avait des freins. Les freins principaux, c’est l’infrastructure, le coût et la montée en compétence des enseignants, qui n’avaient pas forcément d’outils pour se mettre à la page. A tel point que les enseignants avaient peur d’utiliser ces nouvelles technologies en disant : « Oui mais les élèves ont des smartphones, ils sont à l’aise avec ces outils-là, vous n’avez pas peur qu’ils soient meilleurs que nous ? ».

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Le tout dans un contexte très complexe où les infrastructures internet sont beaucoup moins développées qu’en France.
C’est en tenant compte de toutes ces contraintes qu’Africatik a trouvé la bonne formule pour faciliter l’accès aux outils digitaux au plus grand nombre. Soutenus par la Fondation Orange dans le cadre de son programme Écoles Numériques, Africatik ambitionne d’atteindre des centaines de milliers d’utilisateurs dans un avenir proche : « Nous avons un modèle économique en partie open-source et un qui fonctionne en partie par abonnement (1 Euro par mois, 10 Euros par an). Notre cible, à 5 ans, c’est d’atteindre 100 000 à 200 000 utilisateurs et en parallèle que le plus grand nombre d’enfants puisse accéder à ce type de technologie. La Fondation Orange a distribué dans 1000 écoles des mini-serveurs « Raspberry Pi» sur lesquels sont stockées nos applications. Et au sein des écoles, les élèves peuvent y accéder depuis des tablettes, sans avoir besoin d’internet ! »

Pas les premiers, ni les derniers, à s’engager dans l’aventure digitale en Afrique, la volonté d’Africatik rappelle celle des créateurs de Kiro’o Games, studio de développement Camerounais à l’origine de jeux vidéo 100% africains comme Aurion : Legacy of the Kori-Odan, disponible sur le catalogue Blacknut. On leur souhaite la même réussite !

Propos recueillis par Rémi Capdevielle.

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